INPE

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Tenons leur la main, pour leur bonheur et le notre :)

PrincessTanit

Griffonnage d'une rêveuse qui persiste et signe :)

Bonjour je suis ‘VIP’ 00:02

Je suis une personne qui ne passe pas inaperçue, qui quand elle rentre quelque part remplit tout l’espace avec sa présence. Quand je me promène dans la rue, les gens ont des réactions différentes, certains se retirent pour me laisser passer, d’autres me sourient aimablement, d’autres encore font semblant de ne pas me voir du tout, j’arrive pourtant à bien remarquer leurs coups d’œil discrets lancés dans ma direction.
Les enfants me montrent souvent du doigt en criant regarde maman ou papa. Ce n’est pas tout les jours qu’on voit des VIP dans la rue. Je leur réponds toujours avec un sourire ou un signe de la main.

Au restaurant, on se presse toujours de me préparer une place spécialement pour moi, quitte à faire déplacer des personnes déjà installées, ils le font le plus souvent sans aucune contrariété. Quand je me déplace, j’ai souvent une personne pas loin qui m’assiste. Je suis rarement seul.On ne laisserait pas une personne comme moi toute seule.

Je suis VIP, donc j’ai souvent des accès spéciaux pour entrer dans les endroits publics et j’ai souvent plus de privilèges que le commun des mortels. Une place à part dans l’avion et même une facilité pour dépasser une queue et me présenter facilement en tête de file. Je ne parle pas des concerts, stades et festivités. Tout naturellement je suis prioritaire.

Ah j’ai oublié ma place de parking, c’est toujours la même d’ailleurs, elle se trouve tout juste devant la grande surface et personne ne me la prend. D’ailleurs les personnes qui ne respectent pas cette règle et se garent dans ma place de VIP reçoivent tout naturellement du monde une amende.

Pourtant j’aimerais tant ressembler aux autres personnes, faire la queue comme les autres, qu’on ne me regarde pas quand je passe. J’aimerais bien retrouver la liberté de me déplacer quand je veux et tout seul sans avoir à supporter des regards indiscrets.
J’aimerais bien, mais je suis ‘VIP’ une ‘Very Invalid Person’ et je suis désormais collé à mon fauteuil roulant qui me rend si différent, une personne invalide, spéciale, très spéciale.



rester ou repartir, peut être... 12:05

Soudain, ils interviennent de vilaines intrusions
Un ‘imagine si tu te retrouves la dedans’
‘Quelle sera ta vie après maintenant’
N’oscille pas entre le bonheur risqué
Et la sérénité acquise, sans raison
Et pèse calmement le bien fondement
De ton raisonnement

Soudain une vision surgit
Soudain les paramètres changent
C’est peut être moi qui a fait exprès
De rater la dernière marche
Rester sur ce quai paisible
Qui s’est étrangement calmé
Le temps d’un instant
Jouant de cet effet surprise
Que peut provoquer une inattendue invitation

Soudain jaillit une illumination
Un scénario improbable
Dévoilé le temps d’une hésitation
Apparait une fin autre,
que des aveuglés ignoraient auparavant

La vie que je croyais fade sans âme
Revêtit des habits neufs et flamboyants
Qui était là pourtant
Il aurait suffit d’un instant
D’une pause dans l’effervescence du moment

J’ai fait exprès de rater la marche certes
J’ai fait exprès de ne pas suivre le changement
Pourquoi,
Trouverais-je un jour réponse à cette question ?
Pour le moment
J’ai une réelle foi en mon intuition
Ça suffit
Le temps que le temps éclaircisse les lignes
Et me fasse voir clairement que j’ai raison
une vive croyance en cette petite voix
Si faible soit elle
Elle n’intervient qu’au bon moment

autour d'un café 11:14

Je bois ce café amer et je me rappelle
Les histoires qu'on se racontait autour
Nos escapades au alentours
Nos voyages envisagés, peut être, un jour

Je bois ce café amer et je réfléchi
A ce que j'ai raté en m'éloignant de ce nid
Et ce qui pourrait pu être ma vie
Au probable bonheur que je nie

Je bois ce café amer et je regarde
Passer tout près de moi ceux qui s'obstinent
Voir s'envoler ceux qui résistent
Ceux qui croient et qui s'en foutent
Ceux qui refusent de changer de route
Qui suppriment tout instant de doute

Je bois ce café voilé et je sens
Les arômes parfumés de ce pays lointain
La foule,le rythme, la danse des mains
La vie, l'ivresse, le rêve mondain

Je regarde au fond de ma tasse et j'imagine
Qu'au gré des hasards, est écrit un destin
Entre les traits je cherche à guetter un signe
Peut être que quelque part y est écrit mon chemin
A la recherche d'un quelconque témoin
Peut être rien aussi, juste des faux espoirs
D'un éventuel beau lendemain

Rêver de vous. 17:23

Et je me mis à rêver de vous,
de vos regards doux, des mots qui me parvenaient flous,
ensorcelé comme par un vaudou.

Et je me mis à rêver de vous,
de nos œillades furtivement échangées, volées,
de ces discrets cache-cache inventés,
de ce qui peut être un lien imaginé, inventé entre nous.

Et je me mis à rêver de vous,
de votre sourire timide, de cette politesse acquise,
de vos paroles fluides, de vos gestes dociles, tranquilles.

Et je revis ce que je cru perdu,
je rouvre les yeux sur ce que je cru rompu,
j’y songe encore, qui l’eu cru.

Et je me mis à voir ce qui me convenait,
à imaginer des instants volés,
je façonnais un bonheur qui m’arrangeait,
ce n’est pas sur que ça t’irai,
mais tant que je vis encore dans mon rêve,
tout devrait être parfait.

Bonne fête 'Mamans' 22:46

Je me suis réveillée de bonne humeur, impatiente de donner mon cadeau de la fête des mères, cadeau que j’ai même prié ma mère de le lui donner la veille car je n’aime pas attendre, je veux voir sa réaction tout de suite.

Depuis les premières heures de la journée, on n’entend que les chansons sur la maman, partout dans la rue, on dirait que toutes les maisons se sont mises d’accord pour mettre la même fréquence. Je ne me suis pas empêchée de dire aux voisines, aux mères des amies que j’ai rencontrées aujourd’hui ‘joyeuse fête des mères’. Ça dessine un sourire immédiat sur leurs visages, ça illumine leurs yeux. 

Au milieu de la journée, j’ai appelé ma mère au téléphone et j’ai surpris sa voix toute troublée, j’ai compris qu’elle pleurait. Chaque année, ma mère ne pouvait s’empêcher de pleurer se souvenant de ma grand-mère, de l’importance qu’elle accordait à cette fête, de ses exigences et des comparaisons qu’elle faisait entre les cadeaux apportés par ses enfants et par ses belles-filles. Mamie adorait cette fête, et on le savait tous, elle se faisait un plaisir enfantin de nous le rappeler. Aujourd’hui elle n’est plus là mais son souvenir demeure fort vivant dans nos coeurs.


En raccrochant le téléphone, j’ai surpris deux petites larmes qui se sont 
échappées involontairement de mes yeux, je n’ai pas pu qualifier exactement la nature de ses larmes. Etaient-ce des larmes de satisfaction car, dieu merci, ma mère est toujours à mes cotés ? Etaient-ce des larmes de tristesse car mamie me manque ? Des larmes de culpabilité car j’ai la chance d’être entourée de personnes qui me regardent avec des yeux pleins d’amour, des yeux si maternels ? Des larmes de compassion car je n’ai pas cessé de penser à ces personnes qui n’ont plus la fortune d’avoir leurs mamans tout près ? Des larmes de regret, pour ces petits enfants qui n’ont pas connu des bras aussi chaleureux que ceux d’une maman ? 


Un subtile mélange de tous ces sentiments à la fois, orné d’un sourire mélancolique, c’est ce que j’ai ressenti au fond. 
Une grande pensée à toutes les personnes qui sont loins de leurs mamans, c’est une aubaine de l’avoir tout prêt, c’est une bénédiction de savoir qu’on peut encore entendre sa douce voix.
Puisse celles qui sont dans l’au-delà reposer en paix. 
Puisse celles qui sont loin veiller sur leurs enfants, de là ou elles sont, quelque soit la distance qui les séparent, un jour ils se réuniront.


Que dieu préserve toutes les mamans du monde. 

Bonne fête à toutes les mamans.

Bonne fête 
ma maman.

illumination dans un parc 11:51

Sautillements d’une balançoire à une autre, rires à pleines dents, PAF ! Un chat qui lèche nerveusement la pâte dans son coin, des coureurs qui règlent leurs rythmes au son de leurs musiques, Boum, le nième ballon qui vient de s’éclater…

Un léger vent fait soudain envoler le chapeau d’une fillette qui court pour le rattraper, fait envoler le croquis qui était sur mon banc et que j’ai fini 10 minutes plutôt. Soudain il se pose à ses pieds, à ses pieds à elle, elle, mais qu’est-elle ?

Au début je n’ai rien vu, juste l’aura qui entourait son être, juste le halo que dessinait le soleil autour de son corps, la lumière que dégageait son visage. Elle se penche, prends délicatement mon bout de papier, enlève religieusement la poussière qui s’y est posé, observe avec intérêt mon dessin, regarde dans ma direction, avance dans ma direction, tout doucement, elle vient, la lumière avance vers mon banc!

Perturbé, je regarde à gauche et à droite, elle avance réellement vers moi. Nerveusement, je coiffe mes cheveux avec ma main, j’ajuste ma posture, je range les quelques feuilles de papier éparpillées sur le banc, je prends mon crayon, je plonge ma tête dans mon bloc-notes avec un intérêt déguisé, un air faussement sérieux… « Pardon, mais je crois que ça vous appartient ! ».

Je lève ma tête, et je croise son regard hypnotisant, son parfum m’enivre, sa voix m’ensorcelle, j’arrive à balbutier quelques mots : « Euh…, qui ??? moi ! Euuh… » Elle rit aux éclats, et son rire retentit dans mes oreilles comme une hymne à la joie, comme un son venu d’ailleurs, comme un appel au bonheur. « Vous êtes le seul à avoir un crayon et un bloc notes par ici, et ça ne peut appartenir qu’à vous je pense! En faite, je vous félicite, votre croquis est beau, les couleurs sont si vraies, le paysage est magnifique, on dirait que je l’ai déjà vu mais où ? Je ne m’en souviens plus… ».

Elle me tend mon papier, je tends machinalement ma main et j’effleure la douceur incarnée, la soie humanisée, la velouté dans toute sa beauté… « Merci, désolé de vous avoir fatigué…Merci, euuuh….Pardon… » Elle me sourit et me dit « Mais c’est moi qui vous remercie, j’espère que vous ferez d’autres dessins aussi beaux, et que j’aurais la chance de les voir…un jour… au revoir monsieur le peintre du parc, à bientôt… peut être… ».
Elle me lance un clin d’œil puis se retourne et part. Elle part déjà! Je suis chacun de ses mouvements longs et gracieux, je crois entendre le bruit de sa robe qui effleure le sol, le retentissement de ces bracelets dans son bras, je me régale de la vue de la danse du vent dans ses cheveux, j’embrasse le bout de papier qui me la fait parvenir à mon banc, je l’hume espérant sentir encore son parfum , je bénis le vent d’avoir souffler dans ma direction, je prie le ciel pour que les ‘à bientôt’ se réalisent, pour que le hasard renvoie ses pas vers ce banc encore une fois.

Après-midi à l'INPE 17:50

Agréable après-midi que celle passée samedi au jardin de l’Institut National de Protection de l’Enfance. Depuis la dernière fois que j’y suis allée des enfants ont été adoptés, parrainés, malheureusement d’autres sont venus remplir les petits lits de l’institut, parfois de très jeunes bébés ne dépassant pas les 2 semaines.

L’émotion est toujours au rendez-vous, son intensité a nettement diminuée par rapport à la première visite et lors du premier contact. J’étais tout de suite à l’aise en côtoyant les gosses, par contre le reflet de l’émotion était bien visible dans les yeux des amis qui ont partagés avec moi cette après-midi. Leurs regards dégageaient un mélange de tendresse, surprise, pitié mais aussi profonde interrogation.

Ce contact me permet à chaque fois de prendre du recul, du vrai recul, de comparer mes souvenirs d’enfance avec les leurs, d’imaginer quels genres d’adultes seront un jour ces enfants, est ce qu’ils voudront un jour inonder le monde d’amour car petits ils n’ont pas eu assez d’affection ou rayeront-ils de leurs têtes l’idée de concevoir un jour des enfants ?

Très difficile de répondre à cette question. C’est sûr que rien ne pourra un jour remplacer la place de parents, des vrais parents, d’une famille… Ces enfants sont obligés de mener un bout de vie spécial. Un visiteur n’apporte pas grand-chose, à la fin ce n’est qu’une personne anonyme, mais je me dis que la vie se mesure en nombre de moments de bonheur, en côtoyant ses gosses pendant ces quelques minutes, on a partagé de vrais instants de bonheur en toute sincérité.

Pour le moment une caresse les fait sourire, une petite sortie au soleil leur ouvre l’appétit, un petit geste d’affection les rend allègres pour le reste de la journée, un petit cadeau même un bout de papier fait briller leurs yeux. Le futur, personne ne sera le prévoir…